À ceux qui lui reprochent certains de ses personnages, Balzac répond : « Ces êtres vulgaires m’intéressent plus qu’ils ne vous intéressent ; je les grandis, je les idéalise en sens inverse, dans leur laideur ou leur bêtise. Je donne à leurs difformités des proportions effrayantes ou grotesques. » Yoshihiro Tatsumi décrit, lui aussi, les infirmités du corps et de l’âme, la peur et la laideur humaine. Employés, ouvriers, étudiants, écoliers ou putains, ses personnages mènent des vies machinales, tourmentés par les frustrations sexuelles et sociales, hantés par l’angoisse existentielle. C’est le drame quotidien et banal de ces marginaux que raconte sa comédie humaine. S’il ne cède jamais au sentimentalisme, Tatsumi démontre une empathie profonde vis à vis de ses personnages. « Nos aînés, écrit-il, nous avaient enseigné que la bande dessinée était comique. Il s’agissait de faire rire les lecteurs. Nous ne voulions plus de cela.» |
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